Comme vous l'aurez peut-être compris, je vais partager avec vous mon amour des livres (cultes, inconnus au bataillon des mortels, drôles, noirs ou tendres, vulgos même, si si ne me tapez pas!) et qui sait, avec un peu de chance, débattre, tout du moins échanger, avec vous, blogueurs intransigeants, férus de feuilles noirçies.
En l'occurrence, la feuille noirçie sera ici, et nous le savons tous, l'ecran d'ordinateur. C'est triste mais c'est comme ça, oui l'ordinateur dénature la réalité de pas mal de choses aujourd'hui mais nous apporte en compensation d'autres gâteries sympathiques. Donc. Fermons les yeux, imaginons trés fort que nous serrons l'un de ces vieux romans dont le temps a laissé cette odeur indescriptible dans nos têtes, et laissons-nous guider.. par la souris?
Toujours est-il que je vais, à partir de maintenant, étaler au vu de tous (ohhhhhh!!) les livres, histoires, auteurs qui peuplent ma tite tête mais également mes étagères, en vous donnant (c'est la moindre des choses!!) mon avis égaré sur la question
.
Ah oui, une dernière chose avant de lançer les hostilités (bouh quelle vilaine cette N.),
BONNE LECTURE chers blogueurs!!!
Né le 20 octobre 1854 à Charleville dans les Ardennes, Mort le 10 novembre 1891 à l'hopital de la Conception à Marseille.
Incontournable, classique dans son intemporalité, avant-gardiste, rebelle, provocateur, mystique et sauvage, génie de toujours, Arthur Rimbaud.
Arthur Rimbaud, Rimbe, L'Homme aux Semelles de Vent, Passant considérable... Le Voyant qui s'il n'a eu 1000 vies n'en a eu aucune...
De Charleville à Harar en Afrique, de poète à commerçant d'armes (devrais-je dire trafiquant d'armes), il a "tendu des cordes de clocher à clocher", nous laissant une oeuvre à la fois fascinante et dérangeante, une poésie propre à lui, qu'aucun n'a égalé depuis...
On n'est pas sérieux quand on 17 ans
J'ai compris au même âge que ma vision de la poésie française et du monde alentours allaient bel et bien changer. Entre nous, ne se fait pas Voyant qui veut! 

L'oeuvre qu'il nous a laissé est l'une des plus grandes fiertés de notre pays, la voici:
Lettres de la vie littéraire (1870-1875)
Ainsi que ses correspondances, riches et précieuses missives, témoins privilégiés d'une vie tumultueuse.Arthur Rimbaud nous a tué de sa plume assassine et si juste, combien de poèmes, de sonnets n'a-t-il écrit sans que langues assassines ne crachent leur venin, sans qu'admirateurs ébahis ne tarissent d'éloges, sans qu'adoration et haine ne soient suscitées?
Il est bien evident que je ne peux faire ici un commentaire détaillé sur chacun des poèmes de Rimbaud (1. c'est pas le but, faut pas déconner, 2. si êtes parvenu à lire jusqu'ici c'est déjà pas mal, ne cassons pas cette bonne et chaleureuse entente qui s'installe entre nous! Chaleureuse? mais oui je peux l'être, promis!
).

Pour vous, quelques uns des poèmes de Rimbaud. Certains proposés tels quels, manuscrits, ce qui n'est pas pour nous déplaire!
N'hésitez pas à me faire savoir quels sont ceux pour lesquels vous avez une attirance toute particulière
).
Le dormeur du Val
(Octobre 1870)
C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil, de la montagne fière,
Luit: c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignat dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaÏeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement: il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

